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01 mai 2011
Montaigne philosophe | France Culture, Les nouveaux chemins de la connaissance, 14-18 mars 2011

Par Raphaël Enthoven. Réalisation François Caunac. Lecture des textes Didier Sandre.
1. Montaigne philosophe
Avec Jean-Yves Pouilloux, professeur de littérature à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.
2. La Fable de l'identité
Avec Frédéric Brahami, professeur à l'Université de Franche-Comté - Besançon.
3. Le Veilleur de jour (1)
Avec Ali Benmakhlouf , Philosophe, de l'Université de Nice.
4. Le Veilleur de jour (2)
Avec Ali Benmakhlouf , Philosophe, de l'Université de Nice.
5. Ivre et de bonne foi
Avec Bénédicte Boudou, spécialiste de la littérature du 16e siècle, professeur à l'Université de Picardie à Amiens.
07 avril 2011
L'autre Spinoza, France Culture, Les nouveaux chemins de la connaissance, du 3 au 7 janvier 2011

Par Raphaël Enthoven.
1. Liberté, multitude et laïcité : le Traité Théologico-Politique
Avec Ariel Suhamy
2. La décision de soi : le Traité de la Réforme de l'Entendement
Avec Pascal Séverac
3. Spinoza en toutes lettres : la Correspondance
Avec Maxime Rovère
4. La trêve et la concorde : le Traité Politique
Avec Julie Henry
5. Les premières volontés : le Court Traité
Avec Aurélie Morin et Joël Ganault
22 mars 2011
Theodor W. Adorno (1903-1969), philosophe et compositeur | France Culture, Je l'entends comme je l'aime, 19 septembre 2010

Par François Noudelmann.
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Adorno est un philosophe allemand né en 1903 et mort en 1969. Son nom est associé à ses compagnons Max Horkheimer, Walter Benjamin et Herbert Marcuse. Dès les années 20 ils développèrent une critique sociale et politique de la culture. Leurs analyses radicales du capitalisme et de l'industrie culturelle n'ont rien perdu de leur actualité. Parmi les théoriciens de l'École de Francfort, Adorno a laissé l'image d'un homme austère et élitiste. Il était le plus radical mais il fut dépassé par les mouvements de jeunesse des années 60. Adorno était aussi musicien, peut-être le plus musicien de tous les philosophes. Merveilleux interprète, compositeur très précoce, il écrivit en musicologue des études sur Beethoven, Wagner, Mahler, Berg et Schönberg. Et il pensa la philosophie de la nouvelle musique. Car Adorno était engagé dans ses goûts et défendait une certaine idée de la modernité.
Avec :
Marc Jimenez, philosophe et germaniste, est professeur à l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne). Il enseigne l'esthétique à l'UFR d'Arts plastiques et sciences de l'art où il dirige le Centre de recherches en esthétique théorique et appliquée. Il est le directeur de la Collection d'esthétique chez Klincksieck. Auteur notamment de Adorno et la modernité. Vers une esthétique négative (Klincksieck, 1986)
Jean-Paul Olive, professeur au département de Musicologie de l'université Paris 8 où il enseigne l'analyse et l'esthétique musicales. Auteur d'Un son désenchanté (Klincksieck, octobre 2008)
Programme musical :
- Allegro extrait de la Suite lyrique d'Alban Berg ;
- extrait du Pierrot lunaire d'Arnold Schönberg ;
- Kindertotenlieder de Gustav Mahler, interprété par Marilyn Horne ;
- lieder extrait des Zwei Propagandagedichte de Theodor W. Adorno, sur un texte de Bertolt Brecht ;
- Au clair de la lune et Sur le pont d'Avignon harmonisé par Theodor W. Adorno, interprété par Agnès Olier et Inès de Bruyn en studio ;
- arietta extrait de la Sonate n° 32 en ut mineur op. 111 de Ludwig Van Beethoven, interprétée par Michaël Levinas
12 mars 2011
L’Industrie culturelle & L’Art et les arts | Theodor W. Adorno, France Culture, Les vendredis de la philosophie, 29 juin 2007
Deux conférences : 1. « L’Industrie culturelle », Université radiophonique internationale, diffusée les 21 et 28 septembre 1963 ; 2. « L’Art et les arts », Rencontres internationales de Genève, diffusée sur la Radio suisse romande le 23 décembre 1967 (extraits).
Il semble bien que le terme d’« industrie culturelle » ait été employé pour la première fois dans le livre Dialektik der Aufklärung que Horkheimer et moi avons publié en 1947 à Amsterdam. Dans nos ébauches, il était question de « culture de masse ». Nous avons abandonné cette dernière expression pour la remplacer par « industrie culturelle », afin d’exclure de prime abord l’interprétation qui plaît aux avocats de la chose ; ceux-ci prétendent en effet qu’il s’agit de quelque chose comme une culture jaillissant spontanément des masses mêmes, en somme de la forme actuelle de l’art populaire.
Or, de cet art l’industrie culturelle se distingue par principe.
Dans toutes ses branches on confectionne plus ou moins selon un plan de produit qui seront étudiés pour la consommation des masses et qui déterminent par eux-mêmes dans une large mesure cette consommation. Les diverses branches se ressemblent de par leur structure, ou du moins s’emboîtent les unes dans les autres. Elles s’additionnent presque sans lacune pour constituer un système, cela grâce aussi bien aux moyens actuels de la technique qu’à la concentration économique et administrative. L’industrie culturelle, c’est l’intégration délibérée, d’en haut, de ses consommateurs. Elle intègre de force même les domaines séparés depuis des millénaires de l’art supérieur et de l’art inférieur, au préjudice des deux.
L’art supérieur se voit frustré de son sérieux par la spéculation sur l’effet ; à l’art inférieur, on fait perdre par sa domestication civilisatrice l’élément de nature résistante et rude qui lui était inhérent aussi longtemps que l’inférieur n’était pas entièrement contrôlé par le supérieur. L’industrie culturelle, il est vrai, tient sans conteste compte de l’état de conscience et d’inconscience des millions de personnes auxquelles elle s’adresse ; mais les masses ne sont pas alors le facteur premier mais un élément secondaire, un élément de calcul accessoire de la machinerie. Le consommateur n’est pas roi, comme l’industrie culturelle le voudrait, il n’est pas le sujet de celle-ci mais son objet. Le terme de « mass media » qui s’est imposé pour l’industrie culturelle ne fait que minimiser le phénomène. Cependant, il ne s’agit pas des masses en premier lieu, ni des techniques de communications comme telles, mais de l’esprit qui leur est insufflé, à savoir la voix de leurs maîtres. L’industrie culturelle abuse de prévenances à l’égard des masses pour affermir et corroborer leur attitude qu’elle prend a priori pour une donnée immuable ; est exclu tout ce par quoi cette attitude pourrait être transformée ; les masses ne sont pas la mesure, mais l’idéologie de l’industrie culturelle, encore que cette dernière ne puisse exister sans s’adapter. [...]
La transcription des deux conférences (html & pdf) est disponible ici.
Voir aussi, sur le site Persée, Theodor W. Adorno, « L’Industrie culturelle », Communications, vol. 3, n° 3, 1964, p. 12-18 (pdf).
Persée est en danger.
10 mars 2011
Qu’est-ce que le temps ? | Augustin d'Hippone, France Culture, Fictions/Drôles de drame, 12 février 2011

Livre XI des Confessions d’Augustin.
Avec Stanislas Roquette, dans une mise en scène de Denis Guénoun. Réalisation de François Christophe. Musique : Schubert, An den Mond (D 193, texte L.-H.-C. Hölty). Enregistré à Brangues en juin 2010.
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Les Confessions, de saint Augustin, sont un des écrits les plus célèbres de la culture occidentale. Augustin y invente le genre de l’autobiographie et livre des souvenirs bouleversants sur son enfance, sa mère, sa conversion, dans une prose très intense. Mais ce ne sont pas ces aspects qui font la matière du spectacle ici proposé. Dans le livre XI – un classique de la pensée philosophique –, Augustin pose une question à la fois simple et vertigineuse : Qu’est-ce que le temps ? Il ajoute, dans une formule passée à la postérité : « Si personne ne me le demande, je sais. Si on me le demande et que je veux l'expliquer, je ne sais plus. » Il a semblé que ces pages, à la fois claires et profondes, étaient une étonnante matière pour une expérience théâtrale. Il s’agit en effet, à la fois d’accompagner cet immense penseur dans sa réflexion, et en même temps de donner corps à celle-ci, de ne jamais lâcher le parti-pris de la diction et de la vision les plus concrètes.
Le spectacle est construit sur une dramaturgie de la pensée : l’acteur cherche à donner à chaque énoncé sa présence scénique la plus claire, et aussi à passer d’une idée à l’autre, non pas seulement par une déduction mentale, mais par une sorte de chemin physique. On s’appuie pour cela sur la forme très particulière du texte d’Augustin, sans cesse adressé à un interlocuteur exigeant et attentif qui se situe à la fois hors de lui et en lui-même. Cette mise en corps, et en espace, d’une interrogation qui anime un (jeune) homme très ardent, se présente comme un questionnement intense, à la fois violent et drôle – dans la tradition d’une sorte de comique spéculatif, ou de one-man-show théorique, dont les antécédents pourraient être paradoxalement trouvés dans Molière ou Raymond Devos.
Le texte est interprété dans la toute récente traduction de l’écrivain Frédéric Boyer, parue aux éditions P.O.L. en 2007, sous le titre Les Aveux.
12 février 2011
La Bibliothèque de Robert Burton | France Culture, Les Chemins de la connaissance, 5 décembre 2001

Série Anatomie de la mélancolie, émission 3 sur 5, La Bibliothèque de Robert Burton, avec Bernard Hoepffner, traducteur d'Anatomie de la mélancolie, éd. José Corti, 2000.
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07 février 2011
Le Banquet | Platon, France Culture, Fictions/Théâtre & Cie, 26 décembre 2010
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Lauréat d’un concours de tragédie, Agathon rassemble en sa demeure quelques amis pour célébrer sa victoire. Fatigués de boire, les convives décident de se livrer à une joute philosophique dont l’objet sera l’éloge de l’amour. Aux discours des sophistes succède celui d’Aristophane, poète comique, puis c’est au tour du poète tragique Agathon, avant que l’on ne sollicite l’avis tant attendu de Socrate. Il rapporte la conversation qu’il a eue avec la prêtresse Diotime et définit l’amour comme désir insatiable de possession du Beau et du Bien. Survient alors le bel Alcibiade, déjà bien éméché, qui relève à son tour le défi, mais au lieu d’un éloge de l’amour, il célèbre Socrate lui-même, objet de son amour et étrange substitut d’Éros. En se faisant l’écho de cette soirée mythique et par le procédé narratif de l’imbrication des discours, Platon met en scène Socrate en personnage central du Banquet qui seul reste éveillé quand les autres sont vaincus par l’ivresse.
Comédien, Jacques Vincey a joué sous la direction de Patrice Chéreau, Bernard Sobel, Luc Bondy, Robert Cantarella, André Engel, Gabriel Garran, Laurent Pelly... Scénographe et metteur en scène, il a monté récemment Madame de Sade de Mishima, Mademoiselle Julie de Strindberg, Le Belvédère d’Ödön von Horváth. Après Madame de Sade en 2008, pièce de femmes taraudées par leur désir-dégoût pour un homme absent, le « divin marquis », il s’intéresse ici à un texte d’hommes s’interrogeant sur l’amour et son objet, Socrate, qui, à la fois présent et absent, incarne le mouvement du désir en se dérobant sans cesse. Jacques Vincey a collaboré avec Muriel Mayette au Théâtre du Vieux-Colombier à deux reprises, pour Chat en poche de Feydeau (1998), puis pour la mise en scène de la pièce de Karin Mainwaring, Les Danseurs de la pluie (2001).
« On raconte que Platon, jeune poète tragique, brûla ses œuvres lorsqu’il rencontra Socrate sur le chemin du concours où il allait les présenter. Avec Socrate, c’est la philosophie en acte qu’il découvre, c’est-à-dire un mode de vie consacré à la recherche de la vérité. De ce jour, il devint un farouche adversaire du théâtre de son temps. Cet art, fondé sur les apparences de la réalité et la mimésis, lui semblait un danger pour l’âme, vouée à se dissoudre dans l’imitation d’une action représentée. Platon développa contre l’élément mimétique, le discours rationnel de la philosophie, attitude s’efforçant de rendre possible et légitime, contre le règne des opinions et des apparences, l’accès à la connaissance de ce que sont réellement les choses, jusqu’à la contemplation du Bien. Or, ce Banquet, monument philosophique et littéraire élevé à la mémoire de Socrate, son maître, se révèle d’une incroyable théâtralité. Non seulement parce que ce sont des dialogues, conformément à une pratique philosophique courante à l’époque, mais surtout parce que Platon « met en scène » ce Banquet avec les outils du théâtre. Il construit autour de Socrate un monde dramatique d’événements et de péripéties à la fois risible, grotesque, touchant, pitoyable, et médiocre – en contraste avec la figure intouchable de « l’homme comme il faut ». Les convives de ce banquet doivent, tour à tour, dans un esprit civique et sérieux de compétition, faire un éloge de l’amour. Platon alimente le suspense, raille la vacuité de certains éloges et la fatuité de leurs locuteurs, fait d’Aristophane, avec son hoquet, une sorte de clown, et provoque un véritable « coup de théâtre » en faisant entrer Alcibiade totalement ivre, bousculant le rituel avec ses pleurs et ses supplications obscènes. Enfin, la nuit se termine par une discussion entre Socrate, Agathon et Aristophane sur le théâtre… L’enjeu de ce spectacle est de nous engouffrer dans ce paradoxe, de questionner cette articulation entre philosophie et théâtre en explorant les liens secrets qui unissent la visibilité physique du monde sensible et l’invisibilité de la pensée. Le but ultime du théâtre n’est il pas, depuis que cet art existe, de tenter de saisir ce qui nous échappe et de « rendre visible le monde invisible » ? » — Jacques Vincey et Frédérique Vossier
Avec : Thierry Hancise : Appolodore, Aristodème, Socrate, Phèdre, Diotime ; Pierre Louis-Calixte : Eryximaque, Alcibiade ; Serge Bagdassarian : Agathon , Aristophane.
14 avril 2009
Pierre-Joseph Proudhon ou les ambiguïtés de la justice | France Culture, Les Chemins de la connaissance, janvier 1994

Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné. pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !
Pierre-Joseph Proudhon, Idée générale de la Révolution au XIXe siècle, 1851.
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17 avril 2008
11 mars 2008
Ernst Bloch, prophète en son pays | France Culture, Une vie, une oeuvre, 28 septembre 2003

Par Jacques Munier. Réalisation : Marie-Ange Garrandeau
Ami de Georg Lukács, il participe avec lui aux séances du Cercle Max Weber de Heidelberg, un des principaux foyers du romantisme anti-capitaliste dans les milieux universitaires allemands. Un témoin de l’époque le décrit alors comme un «juif apocalyptique catholicisant». L’Esprit de l’utopie, son premier livre publié en 1918 et écrit tout au long des années de guerre est l’un des ouvrages les plus caractéristiques de ce romantisme révolutionnaire volontiers prophétique. « Il est resté de l’ensemble de l’idéalisme allemand une sorte de vacarme dont s’enivre le mélomane wagnérien qu’est Bloch», disait de lui Theodor Adorno qui ajoutait à propos de son humanisme : « ses pensées tiennent chaud ».
Magnifique écrivain (Adorno le disait aussi « armé du grappin d’abordage littéraire du pirate »), tempérament mystique et messianique puisant aux sources chrétiennes (l’Apocalypse, Joachim de Flore, Maître Eckhart…) et juives (
Né en 1885 à Ludwigshafen, sur le Rhin, exilé aux États-Unis à la montée du nazisme, il revient en Allemagne de l’Est en 1949 où il devient professeur de philosophie à Leipzig et directeur de l’Institut Karl Marx, tout en poursuivant ses travaux sur la fonction sociale de l’utopie comme pensée du devenir historique. Mais en 1961, le prophète désormais maudit doit quitter son pays pour finir ses jours à l’Ouest, professeur à l’université de Tübingen où il meurt le 4 août 1977.
Avec : Michaël Löwy. auteur d’Une sociologie des intellectuels révolutionnaires (PUF) ; Pierre Bouretz, directeur d’études à l’EHESS et auteur de Témoins du futur (Gallimard) ; Jean-Claude Monod, chargé de recherche en philosophie au CNRS et auteur de
Une page consacrée à Ernst Bloch sur le site Remue.net.
