04 janvier 2013
Jean Topart (1922-2012)
Oncle Vania (Anton Tchekhov), adaptation et réalisation de Stellio Lorenzi, 1962, 1re chaîne de l’ORTF.
07 juin 2012
Waiting for Godot | Samuel Beckett
Réalisation : Michael Lindsay-Hogg (2001). Avec : Barry McGovern (Vladimir), Johnny Murphy (Estragon), Alan Stanford (Pozzo), Stephen Brennan (Lucky), Sam McGovern (garçon).
25 mai 2012
ReLectures pour tous | Robert Bober (2007)
Pierre Dumayet revoit et commente des morceaux choisis de Lecture pour tous, la première émission littéraire, qu'il a animée sur l'ORTF jusqu'en 1968. Il se dit en début d'émission « bête comme un vivant », toute l'équipe de l'émission ayant disparu. Au sommaire : Jules Supervielle, Raymond Queneau, qui ânonne avec drôlerie son poème sur la pomme et son pommier, François Mauriac, qui explique ce que signifie habiter un roman, et André Schwartz-Bart, qui évoque ses parents disparus dans les camps de concentration à l'occasion de la parution du Dernier des justes. Le film se conclut sur un extrait de la série Lire et écrire, consacré à Marguerite Duras (1991), créant une mise en abyme entre 2003, 1991 et 1964, grâce à une interview où elle se livre avec une grande émotion.
23 mai 2012
Pierre Dumayet :: entretiens avec Sylvie Gouttebaron, France Culture, À voix nue, 19-23 mars 2001
Réalisation Bruno Sourcis. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.
1) Le soliloque est un mimosa très modeste
Dans ce premier épisode, Pierre Dumayet évoque son enfance à Houdan ; l'apprentissage de la lecture, la naissance de son intérêt pour l'écriture grâce un professeur ; la ponctuation ; l'utilisation des « deux points » par Arthur Rimbaud dans « Les déserts de l'amour ». Il évoque la récurrence des fenêtres dans ses livres, et dans la littérature en général ; les souvenirs de son oncle Marcel, pharmacien à Houdan, puis, brièvement, la nature et la peinture, les paysages réels et les représentations, ses pensées personnelles, le soliloque permanent et le « bruit », « insupportable », de cette pensée continue qui lui trotte dans la tête ; ses études de philosophie avec le professeur Perret ; le soliloque comme expression d'une peur diffuse ; les peurs diverses de sa mère lorsqu'il était enfant, et qui auraient donné naissance à ses phobies.
2) Du catalogue et de la métaphysique
Cette deuxième partie est consacrée à son goût des catalogues — de livres, de jouets, de petites annonces, de voitures —, les vertus qu’il y trouve, son rapport à la solitude et à au travail à plusieurs.
3) La fiction est-elle soluble dans les larmes ?
Où il est question notamment de Flaubert et de Madame Bovary en particulier.
4) Des diables et des bons dieux
De l’intérêt de Pierre Dumayet pour la sorcellerie et l'insolite.
5) La couleur sensible des mots et de la vie
Les correspondances d'artistes et la lecture comme refuge.
10 mai 2012
"The Wire" : qu'est-ce qu'un loser ?
Mathieu Potte-Bonneville, Julien Prévieux et Emmanuel Didier.
Passé dans le langage courant, le mot de « loser » suggère une relation précise entre individus et société : celle-ci serait un vaste jeu à somme nulle, où gains et pertes s'équilibrent ; ceux-là seraient, selon leurs qualités naturelles et la force de leur volonté, gagnants ou perdants dans l'âme, voués de toute éternité à voler de victoire en victoire ou à s'enfoncer, au contraire, dans des défaites chaque fois plus dures. Mais comment devient-on un perdant ? Et que voit-on d'un jeu, lorsqu'on y perd ? En se donnant pour slogan “It's all in the game”, la série américaine The Wire apporte un éclairage précieux sur ces questions : bien plus qu'une énième variation sur la métaphore du jeu social, elle porte à considérer celui-ci du point de vue des perdants, décrit leurs itinéraires, leur expérience, leurs ruses et leurs acharnements. Si la défaite est sans monument, elle n'est pas sans histoire : on voudrait ici revenir sur les manières de raconter l'échec.
Centre Pompidou, Nouveau Festival, 3e édition, 2012.
05 mai 2012
18 janvier 2012
Pierre Dumayet & Roland Dubillard, 1923-2011 (1)
L'Homme tronc (Pierre Dumayet et Claude Piéplu)
Farce et attrapes (Roland Dubillard et Jacques Dufilho)
Lectures pour tous : Les témoins du temps de Rimbaud et Verlaine, 25 novembre 1954.
Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet, M. et Mme Fricotot.
06 janvier 2012
Emil Cioran | Un siècle d'écrivains, France 3, 1999
Réalisé par Bernard Jourdain. Ecrit par Patrice Bollon.
01 novembre 2011
12 juillet 2011
Krapp's Last Tape (La dernière bande) | Samuel Beckett (1958)
Krapp : Harold Pinter. Réalisé par Ian Rickson, A Royal Court Theatre production, 2006.
Krapp : John Hurt. Réalisé par Atom Egoyan (Beckett on Film), 2001.
Krapp : Patrick Magee. Réalisé par Donald McWhinnie, BBC, 1972.
TAPE: —gooseberries, she said. I said again I thought it was hopeless and no good going on, and she agreed, without opening her eyes. (Pause.) I asked her to look at me and after a few moments—(pause)—after a few moments she did, but the eyes just slits, because of the glare. I bent over her to get them in the shadow and they opened. (Pause. Low.) Let me in. (Pause.) We drifted in among the flags and stuck. The way they went down, sighing, before the stem! (Pause.) I lay down across her with my face in her breasts and my hand on her. We lay there without moving. But under us all moved, and moved us, gently, up and down, and from side to side.
Pause. Krapp's lips move. No sound.
Past midnight. Never knew such silence. The earth might be uninhabited.
Pause.
Here I end this reel. Box—(pause)—three, spool—(pause)—five. (Pause. Perhaps my best years are gone. When there was a chance of happiness. But I wouldn't want them back. Not with the fire in me now. No, I wouldn't want them back.
Krapp motionless staring before him. The tape runs on in silence.
CURTAIN
BANDE. — Groseilles à maquereau, m'a-t-elle répondu. J'ai dit encore que ça me semblait sans espoir et pas la peine de continuer. Et elle a fait oui sans ouvrir les yeux. (Pause) Je lui ai demandé de me regarder et après quelques instants — (Pause) — et après quelques instants, elle l'a fait, mais les yeux comme des fentes à cause du soleil. Je me suis penché sur elle pour qu'ils soient dans l'ombre et ils se sont ouverts. (Pause) M'ont laissé entrer. (Pause) Nous dérivions parmi les roseaux et la barque s'est coincée. Comme elle se pliait avec un soupir devant la proue, je me suis coulé sur elle, mon visage dans son sein et ma main sur elle. Nous restions là couchés. Sans remuer. Mais sous nous, tout remuait, et nous remuait, doucement, du haut en bas, et d'un côté à l'autre.
Pause. Les lèvres de Krapp remuent sans bruit.
Passé minuit. Jamais entendu pareil silence. La terre pourrait être inhabitée.
Pause.
Ici je termine cette bande. Boîte — (pause) — trois, bobine (pause) — cinq. (Pause) Peut-être que mes meilleures années sont passées. Quand il y avait encore une chance de bonheur. mais je n'en voudrais plus. Plus maintenant que j'ai ce feu en moi. Non, je n'en voudrais plus.
Krapp demeure immobile, regardant dans le vide devant lui. La bande continue à se dérouler en silence.
(FIN)
Traduction française de Pierre Leyris et de l’auteur dans Les Lettres Nouvelles, n°1, mars 1959 ; La dernière bande, éditions de Minuit, 1959.
> Le texte intégral (anglais) est ici.
03 juillet 2011
Eh Joe | Samuel Beckett (1965)
Klaus Herm : Joe, Billie Whitelaw : Voice.
« Voice should be whispered. A dead voice in his head. Minimum of colour. Attacking. Each sentence a knife going in, pause for withdrawal, then in again. » (Samuel Beckett à Alan Schneider, 7 avril 1966).
WOMAN'S VOICE:
Joe ...
(Eyes open, resumption of intentness.)
Joe ...
(Full intentness.)
Thought of everything? ... Forgotten nothing?... You're all right now, eh? ... No one can see you now … No one can get at you now ... Why don't you put out that light? ... There might be a louse watching you ... Why don't you go to bed? ... What's wrong with that bed, Joe? ... You changed it, didn't you? … Made no difference? ... Or is the heart already? ... Crumbles when you lie down in the dark ... Dry rotten at last ... Eh Joe?
> Le texte intégral est ici.
Atom Egoyan, à propos de Eh Joe (via A Piece of Monologue)
21 décembre 2010
22 septembre 2010
15 septembre 2010
12 septembre 2010
Un diamant noir comme l'enfer : Louis-Ferdinand Céline
Réalisation Emmanuel Descombes & Alain Moreau. France 3, collection « Un siècle d'écrivains », 1998.
On peut aussi regarder le film intégralement et le télécharger (format avi) sur UbuWeb.
09 juin 2010
Alice & Lewis | The Fitzcarraldo Sessions + Rosemary Moriarty
Ce Soir ou jamais, France 3, 7 janvier 2010.
18 janvier 2010
The Century of the Self | Adam Curtis, BBC (2002)
2. The Engineering of Consent
3. There is a Policeman Inside All Our Heads, He Must Be Destroyed
4. Eight People Sipping Wine in Kettering
La remarquable série d’Adam Curtis pour la BBC, The Century of the Self, analyse, en quatre épisodes d’environ une heure, le développement de l’individu consommateur roi avec comme toile de fond le rôle des descendants de Freud.
Pour beaucoup, dans les milieux de la politique et des affaires, le triomphe du moi est l’expression ultime de la démocratie, avec le pouvoir remis entre les mains des personnes. Ces individus peuvent probablement s’estimer responsables, mais le sont-ils réellement ? The Century of the Self raconte l’histoire inédite et parfois controversée du développement de la société de consommation de masse en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Comment le consommateur-roi a-t-il été créé, par qui, pour les intérêts de qui ?
La dynastie de Freud est au cœur de cette fascinante histoire sociale. Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse ; Edward Bernays, son neveu, qui a inventé les relations publiques ; Anna Freud, sa fille dévouée ; et, de nos jours, le gourou en relations publiques, son arrière petit-fils, Matthew Freud.
Le travail de Freud sur le monde obscur et bouillonnant de l’inconscient a changé le monde. En créant une technique pour explorer l’inconscient, Freud a fourni des outils utiles pour comprendre les désirs secrets des masses. Son travail a, accidentellement, ouvert la porte à un monde de conseillers en communication et marketing politiques (« spin doctors »), de magnats du marketing, et à la croyance de la société dans le fait que la poursuite de la satisfaction et du bonheur était l’objectif ultime de l’homme.
Le premier épisode de la série est consacré à l’histoire de la relation entre Freud et son neveu américain, Edward Bernays. Bernays a inventé le métier des relations publiques dans les années 1920 et fut la première personne à utiliser les idées de Freud pour manipuler les masses. Il a montré aux sociétés américaines comment faire en sorte que les individus veuillent des choses dont ils n’avaient pas besoin en liant la production de masse de biens de consommation à leurs désirs intérieurs.
Bernays fut l’un des principaux architectes des techniques de persuasion dans la consommation de masse, utilisant tous les tours de passe-passe (« every trick in the book »), depuis l’appui des célébrités et les coups de relations publiques les plus outranciers, jusqu’à l’érotisation des automobiles.
Son coup le plus célèbre fut de briser le tabou de la cigarette pour les femmes en les persuadant que fumer était un symbole d’indépendance et de liberté. Mais Bernays était persuadé que c’était plus qu’un simple moyen de vendre davantage de biens de consommation. C’était une nouvelle idée politique pour contrôler les masses. En satisfaisant les désirs irrationnels inconscients que son oncle avait identifiés, les individus pourraient être rendus heureux et donc dociles.
Le deuxième épisode explore comment ceux qui étaient au pouvoir dans l’après-guerre ont utilisé les idées de Freud sur l’inconscient pour tester et contrôler les masses.
Les politiciens et les planificateurs en sont venus à croire les prémisses sous-jacentes de Freud – à savoir qu’en profondeur chez tous les êtres humains gisaient des peurs et des désirs irrationnels et dangereux. Ils ont été convaincus que c’est la libération de ces instincts qui avait conduit à la barbarie de l’Allemagne nazi. Pour éviter à jamais que cela se reproduise ils ont recherché les moyens de contrôler cet ennemi caché dans l’esprit humain.
La fille de Sigmund Freud, Anna, et son neveu, Edward Bernays, ont fourni la philosophie centrale. Le gouvernement américain, les grandes entreprises et la CIA ont utilisé leurs idées pour développer les techniques de gestion et de contrôle des esprits des américains. Mais ce n’était pas un exercice cynique de manipulation. Ceux qui étaient au pouvoir croyaient que le seul moyen de faire marcher la démocratie et de créer une société stable était de réprimer la barbarie sauvage qui se cachait juste sous la surface de la vie américaine normale.
Dans les années 1960, un groupe radical de psychothérapeutes a mis en cause l’influence des idées de Freud aux Etats-Unis. Ils étaient inspirés par les idées de Wilhelm Reich, un élève de Freud, qui s’était retourné contre lui et était détesté par la famille de Freud. Il croyait que le moi intérieur n’avait pas à être réprimé ou contrôlé. Il devait être encouragé à s’exprimer.
De là est né un mouvement politique qui a cherché à créer des êtres nouveaux libres de la conformité psychique qui avait implantée dans les esprits des individus par les entreprises et la politique.
Le troisième épisode montre comment cette démarche s’est rapidement développée aux Etats-Unis par l’intermédiaire de mouvements d’auto-assistance comme les séminaires de formation de Werber Erhard – avec la montée irrésistible de la « Moi Génération ».
Mais les sociétés américaines réalisèrent bien vite que ce nouveau moi n’était pas une menace mais leur plus grande opportunité. Il était de leur intérêt d’encourager les individus à ressentir qu’ils étaient uniques et à leur vendre ensuite les moyens d’exprimer cette individualité. Pour ce faire ils se tournèrent vers les techniques développées par les psychanalystes freudiens pour lire les désirs intérieurs de ces nouveaux moi.
Le quatrième et dernier épisode explique comment les politiciens de gauche, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, se sont tournés vers les techniques développées par le milieu des affaires pour lire les désirs profonds du moi et y répondre.
Le New Labour, sous Tony Blair, et les Démocrates, menés par Bill Clinton, ont utilisé les groupes témoins, inventés par les psychanalystes, pour retrouver le pouvoir. Ils ont modelé leurs politiques sur les désirs et sentiments profonds des individus, exactement comme le capitalisme avait appris à le faire pour les produits.
De là est issue une nouvelle culture des relations publiques et du marketing en politique, dans les affaires et dans le journalisme. Une de ses étoiles est Matthew Freud qui a ainsi mis ses pas dans ceux d’un membre de sa famille, Edward Bernays, l’inventeur dans les années 1920, des relations publiques.
Les politiciens croyaient qu’ils étaient en train de créer une meilleure forme de démocratie, qui réponde vraiment aux sentiments profonds des individus. Mais ils n’ont pas réalisé que l’objectif de ceux qui ont à l’origine créé ces techniques n’était pas de libérer les personnes mais de développer un nouveau moyen de les contrôler.
Blog de Thierry Ternisien, consacré à Hannah Arendt, sur le site du Monde.
> The Century of the Self (Wikipedia)
> Adam Curtis (Wikipedia)
> Télécharger les 4 films
26 octobre 2009
13 septembre 2009
Patrick Modiano | Un siècle d'écrivains, France 3, 7 février 1996
Par Paule Zajdermann & Antoine de Gaudemar.
