22 septembre 2019
Le Rosaire des voluptés épineuses | Stanislas Rodanski
Mise en scène de Georges Lavaudant
Avec Louis Beyler, Elodie Buisson, Frédéric Borie, Clovis Fouin, Frédéric Roudier
Création 2016
© Célestins, Théâtre de Lyon 2018
23 mai 2016
Under Milk Wood | Dylan Thomas
Réalisation : Andrew Sinclair (1972) • Scénario : Andrew Sinclair d'après la pièce Under Milk Wood (Au bois lacté) de Dylan Thomas • Photographie : Robert Huke • Musique : Brian Gascoigne
Richard Burton : Premier homme • Elizabeth Taylor : Rosie Probert • Peter O’Toole : Captain Tom Cat • Glynis Johns : Myfanwy Price • Vivien Merchant : Mrs. Pugh • Siân Phillips : Mrs. Ogmore-Pritchard • Victor Spinetti : Mog Edwards • Tim Wylton : Mr. Willy Nilly • David Jason : Nogood Boyo
Le texte de Under Milk Wood. A Play for Voices (1954).
Au bois lacté, mis en scène par Stuart Seidl (extraits), production du Théâtre du Nord, 2011
28 avril 2016
La nuit rêvée de Pierre Bergounioux | France culture, Les Nuits (12/02/2012)
[Si, si, cette émission est disponible en réécoute : ici]
L’écrivain Pierre Bergounioux se souvient d’un slogan de Mai 68, « nous sommes tous des juifs allemands ». La trace de « allemand » dans son enfance. Évoque Pierre Bourdieu, le sociologue et l’enfant du Sud-Ouest. Écoute la voix de William Faulkner, traite de son humour d’homme du Sud, et dit : « nous sommes tous les enfants naturels de Faulkner ». Parle des jeunes soldats russes de 1945 qui n’ont pas pu prendre la parole sur l’expérience soviétique, ce qui l’a rendue opaque. Enfin il cite « le crétinisme rural » – un mot de Marx, et la fin de la paysannerie causée notamment par 14-18.
01:00 Entretien avec Pierre Bergounioux par Geneviève Huttin
01:14 ENTRETIENS Pierre Bourdieu par Roger Chartier 1re diffusion 1 et 5/2/88
02:14 ÉTUDIANTS ET OUVRIERS Chronique de Mai par Dominique Chagnollaud 1re diffusion 3/8/88
03:09 Enretien avec Pierre Bergounioux par Geneviève Huttin
03:23 CHEMINS DE LA CONNAISSANCE “Vol au-dessus d'un nid de faucon” William Faulkner par Gérard-Henri Durand 1re diffusion 2 et 3/6/84
04:23 Entretien avec Pierre Bergounioux par Geneviève Huttin
04:28 ENTRETIENS avec Ephraïm Grenadou par Alain Prévost 1re diffusion du 8 au 23/6/67
06:08 ON COMMENCE Le théâtre comme exutoire La misère du monde par Lucien Attoun 1re diffusion 26/4/96
04 janvier 2013
Jean Topart (1922-2012)
Oncle Vania (Anton Tchekhov), adaptation et réalisation de Stellio Lorenzi, 1962, 1re chaîne de l’ORTF.
11 juillet 2012
07 juin 2012
Waiting for Godot | Samuel Beckett
Réalisation : Michael Lindsay-Hogg (2001). Avec : Barry McGovern (Vladimir), Johnny Murphy (Estragon), Alan Stanford (Pozzo), Stephen Brennan (Lucky), Sam McGovern (garçon).
03 juin 2012
Théâtre à la radio | Roland Dubillard
Réalisation Jean-Pierre Colas.
La pièce a été créée à la radio, par Jean-Pierre Colas, en 1970, puis rediffusée en 2003 dans le cadre d'un cycle de fictions consacré à Roland Dubillard à l'occasion de ses 80 ans.
« Où boivent les vaches est la plus importante de mes pièces. Le sujet c'est le doute d'un poète qui se rend compte que la gloire est truquée, truquée par le monde et par la culture, par sa mère, son fils, sa femme et toutes les académies. Le poète tente de s'enfuir de ce monde. A la ville comme à la campagne c'est la même tromperie. Le titre est de Rimbaud, il dit : ‘On ne part pas, j'y suis toujours’. C'est une pièce sur l'eau qui coule comme la vie. » (Roland Dubillard, 1999).
La pièce a été créée en 1972 à Paris, dans le cadre du festival d'Automne, par la Compagnie Renaud-Barrault, avec Roland Dubillard lui-même, dans une mise en scène de Roger Blin. Elle a été reprise, notamment, en 1983 par Roger Planchon au TNP puis, 20 ans plus tard, par Eric Vigner pour le Centre dramatique de Bretagne/Théâtre de Lorient.
Où boivent les vaches est publié chez Gallimard dans la collection Le Manteau d'Arlequin
Avec : Pierre Trabaud, Pascale De Boysson, Sylvain Joubert, Maria Machado, Micheline Bona, Lisette Lemaire, Jacques Maire, Vera Feyder, René Renot, Gilbert Robin, Romain Bouteille, R.J. Chauffard.
• Bain de vapeur
Réalisation Jean Couturier. Rediffusion du 29/02/2004.
Dans un lieu de cure indéterminé, une conversation à bâtons rompus fait alterner les points de vue sur la vie et les autres : vol de diamants, enquête policière, drame passionnel, perte de mémoire, catastrophe naturelle, le « moi » divisé, 68 et le « CHE », le chiffre 13. Évidemment, les curistes se bouffent le nez à la première occasion venue... Moquerie, cynisme, dérision sont les maîtres mots de ce portrait à charge d'une petite société en situation d'autarcie.
En avertissement à sa pièce Bain de vapeur, Roland Dubillard indique qu’il s’agit non d’une pièce de boulevard mais d’une « comédie de mœurs et d’un mélodrame, rempli de bruit et de fureur ».
Avec : Ariane Dubillard, Mikaël Lonsdale, François Marthouret, Arnaud Bédouet, Hermine Karagheuz, Nicolas Vaude, Charles Réale, Maria Machado, Conrad Cécil, Anne Kreïs, Christian Ruché.
• Le Jardin aux betteraves
Réalisation Anne Lemaitre. Première diffusion le 19/06/76.
Avec : Michel Bouquet, Claude Piéplu, Romain Bouteille, Roland Dubillard, Maria Machado et le Quatuor Bernède.
13 mars 2012
Le Neveu de Rameau de Denis Diderot, France Culture, Fictions, Théâtre et Cie, 8 janvier 2012

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Adaptation : Olivier Baumont, Nicolas Marié et Nicolas Vaude. Reprise en studio dirigée par Etienne Vallès, d'après la mise en scène de Jean-Pierre Rumeau. Réalisation : Etienne Vallès
Ce n'est qu'en 1891 – plus d'un siècle après la mort Denis Diderot - que le manuscrit autographe, retrouvé par hasard chez un bouquiniste, permit enfin de faire connaître le texte original du Neveu de rameau, commencé vers 1761.
Dans un café du Palais-Royal, le philosophe rencontre le neveu du célèbre compositeur Rameau. Le neveu de Rameau est à la fois artiste, philosophe, fantasque et cynique. Le philosophe incarne, lui, la réflexion. S’entame alors une joute verbale aux motifs nombreux et variés : le génie, l’éducation des jeunes filles, la morale, la flatterie comme art de vivre, la musique...
La condensation de l’œuvre, adaptée par Nicolas Marié, Nicolas Vaude et le claveciniste Olivier Baumont, ainsi que leur travail autour de la mise en scène de Jean-Pierre Rumeau, révèlent toute la modernité de ce texte, dont on pourrait dire qu’il est un des premiers textes « autofictionnels » de l’histoire de la littérature, par ailleurs tout à la fois essai, récit, nouvelle et pièce de théâtre. Etienne Vallès, réalisateur, a choisi une direction d’acteurs sans brochure, dans une veine théâtrale assumée, plutôt que de casser la dynamique de cette joute par une lecture, forcément plus didactique. (Source : FC)
Avec : Nicolas Vaude, Gabriel Le Doze, Olivier Baumont (clavecin).
18 janvier 2012
Pierre Dumayet & Roland Dubillard, 1923-2011 (1)
L'Homme tronc (Pierre Dumayet et Claude Piéplu)
Farce et attrapes (Roland Dubillard et Jacques Dufilho)
Lectures pour tous : Les témoins du temps de Rimbaud et Verlaine, 25 novembre 1954.
Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet, M. et Mme Fricotot.
01 novembre 2011
31 août 2011
17 août 2011
L’Illusion comique | Mathieu Amalric d'après Pierre Corneille
Film TV. Réalisé par Mathieu Almaric. D'après Pierre Corneille. Musique de Martin Wheeler. Coproduit par Maïa Cinéma et Les Films de Pierre et La Comédie-Française. Avec la participation de France Télévisions. Avec : Muriel Mayette (Rosine), Jean-Baptiste Malartre (Géronte), Alain Lenglet (Pridamant), Denis Podalydès (Matamore), Julie Sicard (Lyse), Loïc Corbery (Clindor), Hervé Pierre (Alcandre), Adrien Gamba-Gontard (Adraste) et Suliane Brahim (Isabelle).
Radiohost Lex Bohlmeijer interviews the director of L’Illusion comique, Mathieu Almaric at the International Film Festival Rotterdam 2011.
© RTV Rijnmond/IFFR.
15 août 2011
Cycle Samuel Beckett | France Culture, Fictions/Théâtre et Cie, 12, 19 et 26 novembre 2006
Le centenaire de la naissance de Samuel Beckett est l’occasion pour nous de revenir sur une œuvre majeure, qui par ailleurs n’a nul besoin de commémorations pour exister, être jouée ou lue. Samuel Beckett a écrit du théâtre, des romans, de la poésie, des films et… des pièces radiophoniques. Il a découvert la radio grâce à la BBC, qui très tôt, dés les années cinquante lui propose d’écrire. Ce sera Tous ceux qui tombent d’abord, puis Cendres et Cascando. Samuel Beckett a écrit pour la radio, pour le monde sonore, les voix, le silence. Il a aussi exploré l’objet radiophonique et écrit des pièces de théâtre qui convoquent parfois essentiellement la voix et le texte sur le plateau. C’est ce monde sonore de Beckett que nous avons voulu explorer dans ce cycle du mois de novembre, en proposant avec la collaboration de l’Atelier de création radiophonique et les nuits de France Culture, la quasi intégralité de l’œuvre radiophonique, mais aussi des fragments de pièces enregistrées à leur création et l’enregistrement en public de deux « pièces limites » dans lesquelles Beckett utilise la bande magnétique et l’écoute d’une manière tout à fait fascinante pour nous, gens de radio. A travers ce cycle, nous rendrons hommage également à deux artistes qui ont accompagné Samuel Beckett tout au long de sa vie théâtrale et radiophonique en France : Roger Blin et Alain Trutat.
Blandine Masson
1. Beckett en ondes [télécharger]
Emission proposée et présentée par Juliette Heymann.
« Beckett en ondes » est une émission consacrée aux rapports de Samuel Beckett et de l’outil radiophonique. Vous y entendrez deux pièces très différentes, écrites par Beckett pour la radio : Tous ceux qui tombent, sa première pièce, réalisée en français par Alain Trutat et Cascando, une « invention radiophonique pour musique et voix », écrite en collaboration avec le compositeur Mihalovici. L’écrivain Roger Grenier sera avec nous pour évoquer la mémoire de S. Beckett, et aussi celle de l’homme de radio Alain Trutat (qui nous a quittés en août dernier et qui réalisa pour la radio Tous ceux qui tombent).
• Tous ceux qui tombent (première diffusion 1959)
Traduit de l’anglais par Robert Pinget. Avec : Marise Paillet, Roger Blin, Pierre Latour, Georges Adet, Jean Martin, Léonce Corne, Albert Rémy, Raymone, Jacqueline Harpet, Arielle Semenoff et Patrick Maurin. Réalisation Alain Trutat.
Au cours de l'été 1956, Beckett écrit sa première pièce pour la radio, Tous ceux qui tombent, à l'invitation de la BBC. Les mises en scène françaises et en anglais d'En attendant Godot ont déjà solidement établi sa réputation auprès des responsables de la programmation théâtrale, car plusieurs d'entre eux (notamment Barbara Bray, Donald McWhinnie et Martin Esslin) suivent alors de très près ce qui se passe sur les scènes d'Europe.
Dès 1953, l'éventuelle diffusion d'En attendant Godot sur les ondes de la BBC a suscité des débats animés au sein de l'équipe. Si elle a pour finir été écartée, le contrôleur financier du Programme III, John Morris, est suffisamment acquis à l'idée de diffuser une œuvre de Beckett pour suivre personnellement les démarches entreprises dans ce sens par la représentante de la BBC à Paris, Cecilia Reeves, et se rendre à la mi-juillet dans la capitale française afin d'en parler de vive voix avec Beckett au cours d'un déjeuner. « J’ai l’impression », déclare Morris après cette entrevue, « qu’il voit parfaitement les problèmes que pose l’écriture pour la radio et que nous pouvons nous attendre à quelque chose de vraiment bon. »
La proposition de la BBC engage pour la première fois Beckett à réfléchir à la technique qu’impose ce média qui ne retransmet que les sons et les silences. Et c’est sans doute cette réflexion sur le son en général, et non sur la seule voix, qui l’amène à imaginer une pièce où les effets sonores vont jouer un rôle capital. “Jamais pensé à la technique du théâtre pour la radio, écrit-il à Nancy Cunard, mais au plus profond de la nuit m’est venue une belle idée horrible pleine de roues qui grincent et de pieds qui traînent, d’essoufflements et de halètements, qui pourrait — ou pas — aboutir.” La lettre qu’il envoie à Aidan Higgins dans les jours qui suivent montre qu’il a déjà l’intention de donner pour cadre à sa pièce le coin d’Irlande qu’il connaît le mieux : « Invité à écrire une pièce radiophonique pour le III (le Programme III de la BBC). Tentant: pieds qui traînent, souffle court, bruits de roues, échange d’imprécations de Brighton Road à la gare de Foxrock, vieilles juments apathiques et prêtes à mettre bas rossées par les villageois, et le Diable qui titube dans le fossé – souvenirs d’enfance ». (Extraits de Beckett de James Knowlson, éditions Actes Sud.)
• Cascando (rediffusion de 1963)
Invention radiophonique pour musique et voix. Musique de Mihalovici. Texte de Samuel Beckett. Mise en onde musicale Jean Etienne Marie. Avec les voix de Roger Blin et Jean Martin. Réalisation Paul Ventre
2. Beckett et l’objet radiophonique [télécharger]
• Cendres
Avec Roger Blin, Delphine Seyrig et Jean Martin. Réalisation : Jean-Jacques Vierne (première diffusion mai 1966)
Avant La dernière bande, Beckett s’est lancé dans l’écriture d’une pièce radiophonique en anglais qu’il destine à Donald Mc Whinnie, metteur en scène mais qu’il a laissée de côté : Cendres, qu’il retravaille par la suite, sera adressée en 1959 à la BBC. Cette pièce sera sélectionnée par le jury de la RAI pour le prix Italia. Le succès de Cendres conduira la BBC et la radio française à lui passer deux nouvelles commandes radiophoniques : ce sera Paroles et musique (musique de John Beckett) et Cascando, sur une musique de Mihalovici (diffusé en France en 1963).
• La dernière bande
Diffusion de l’enregistrement public du 5 novembre. Lecture dirigée par André Wilms.
En décembre 1957, Beckett a entendu Patrick Magee lire des extraits de Molloy et d'un ouvrage abandonné à la BBC. Malgré les parasites qui l'ont obligé à tendre l'oreille pour écouter l'émission, à Paris d'abord, puis à Ussy, lors d'une rediffusion programmée quelques jours plus tard, il a été aussi impressionné qu'ému par le timbre typiquement irlandais de la voix de Magee, voix cassée qui porte en elle toute la lassitude, la tristesse, la destruction et les regrets du monde. Il n'a encore jamais rencontré ce comédien qui a déjà joué dans Tous ceux qui tombent, mais ce qu'il a perçu de la retransmission pourtant médiocre l'incite à « remercier [sa] bonne étoile pour Magee ». Le monologue pour la scène qu'il se met à rédiger à quelques semaines de là s'est un temps appelé Magee Monologue ; il est prévu pour un personnage décrit dans le premier brouillon manuscrit comme un « vieux au bout du roulea », qui parle d'une « voix poussive et cassée avec un accent caractéristique».
Il a beaucoup été dit (par Beckett, entre autres) qu'il ignorait tout des magnétophones au moment où il imagine de mettre ainsi au centre d'une de ses pièces cet appareil d'une technologie très sophistiquée pour l'époque. Bien que cela ne soit sans doute pas très contestable sur les détails, on sait d'après sa correspondance qu'il a eu l'occasion de voir fonctionner un magnétophone en janvier 1958, dans les studios parisiens de la BBC, avenue Hoche, le jour où Cecilia Reeves lui a fait écouter les enregistrements des lectures de Magee reçus de Londres. Contempler les bobines qui en se dévidant libéraient les mots écrits par lui, découvrir, fût-ce sommairement, comment marchait l'appareil, aura sûrement compté dans la conception d'une œuvre où différents moments du temps sont capturés pour être ensuite juxtaposés et restitués.
Beckett se met à La Dernière Bande le 20 février et, en mars, alors que son travail touche à sa fin, il demande à Donald McWhinnie de lui envoyer la notice d'un magnétophone pour qu'il puisse se familiariser avec son fonctionnement. (Extraits de Beckett de James Knowlson, éditions Actes Sud.)
3. Beckett en acte [télécharger]
Montage d’archives proposé et présenté par Juliette Heymann. Réalisation Jean Couturier.
« Beckett en acte » est une émission consacrée à Samuel Beckett et plus particulièrement à l’auteur dramatique et à ses trois pièces les plus connues : En attendant Godot, Fin de Partie et Oh les beaux jours ; elle est composée à partir d’archives de l’INA (interviews, témoignages, extraits de pièces joués ou lus, bribes d’ACR et autres fragments) et organisée autour de la figure centrale de Roger Blin, qui créa et fit connaître en France toutes les pièces de S. Beckett (à l’exception de Comédie). Vous y entendrez les voix de Roger Blin, Hermine Karagheuz, Jean Martin, Lucien Raimbourg, Madeleine Renaud, Jean-Louis Barrault, Etienne Bierry, Jean-Marie Serreau, Bernadette le Saché, François Chaumette, Jean-Paul Roussillon, Michel Aumont...
12 juillet 2011
Krapp's Last Tape (La dernière bande) | Samuel Beckett (1958)
Krapp : Harold Pinter. Réalisé par Ian Rickson, A Royal Court Theatre production, 2006.
Krapp : John Hurt. Réalisé par Atom Egoyan (Beckett on Film), 2001.
Krapp : Patrick Magee. Réalisé par Donald McWhinnie, BBC, 1972.
TAPE: —gooseberries, she said. I said again I thought it was hopeless and no good going on, and she agreed, without opening her eyes. (Pause.) I asked her to look at me and after a few moments—(pause)—after a few moments she did, but the eyes just slits, because of the glare. I bent over her to get them in the shadow and they opened. (Pause. Low.) Let me in. (Pause.) We drifted in among the flags and stuck. The way they went down, sighing, before the stem! (Pause.) I lay down across her with my face in her breasts and my hand on her. We lay there without moving. But under us all moved, and moved us, gently, up and down, and from side to side.
Pause. Krapp's lips move. No sound.
Past midnight. Never knew such silence. The earth might be uninhabited.
Pause.
Here I end this reel. Box—(pause)—three, spool—(pause)—five. (Pause. Perhaps my best years are gone. When there was a chance of happiness. But I wouldn't want them back. Not with the fire in me now. No, I wouldn't want them back.
Krapp motionless staring before him. The tape runs on in silence.
CURTAIN
BANDE. — Groseilles à maquereau, m'a-t-elle répondu. J'ai dit encore que ça me semblait sans espoir et pas la peine de continuer. Et elle a fait oui sans ouvrir les yeux. (Pause) Je lui ai demandé de me regarder et après quelques instants — (Pause) — et après quelques instants, elle l'a fait, mais les yeux comme des fentes à cause du soleil. Je me suis penché sur elle pour qu'ils soient dans l'ombre et ils se sont ouverts. (Pause) M'ont laissé entrer. (Pause) Nous dérivions parmi les roseaux et la barque s'est coincée. Comme elle se pliait avec un soupir devant la proue, je me suis coulé sur elle, mon visage dans son sein et ma main sur elle. Nous restions là couchés. Sans remuer. Mais sous nous, tout remuait, et nous remuait, doucement, du haut en bas, et d'un côté à l'autre.
Pause. Les lèvres de Krapp remuent sans bruit.
Passé minuit. Jamais entendu pareil silence. La terre pourrait être inhabitée.
Pause.
Ici je termine cette bande. Boîte — (pause) — trois, bobine (pause) — cinq. (Pause) Peut-être que mes meilleures années sont passées. Quand il y avait encore une chance de bonheur. mais je n'en voudrais plus. Plus maintenant que j'ai ce feu en moi. Non, je n'en voudrais plus.
Krapp demeure immobile, regardant dans le vide devant lui. La bande continue à se dérouler en silence.
(FIN)
Traduction française de Pierre Leyris et de l’auteur dans Les Lettres Nouvelles, n°1, mars 1959 ; La dernière bande, éditions de Minuit, 1959.
> Le texte intégral (anglais) est ici.
03 juillet 2011
Eh Joe | Samuel Beckett (1965)
Klaus Herm : Joe, Billie Whitelaw : Voice.
« Voice should be whispered. A dead voice in his head. Minimum of colour. Attacking. Each sentence a knife going in, pause for withdrawal, then in again. » (Samuel Beckett à Alan Schneider, 7 avril 1966).
WOMAN'S VOICE:
Joe ...
(Eyes open, resumption of intentness.)
Joe ...
(Full intentness.)
Thought of everything? ... Forgotten nothing?... You're all right now, eh? ... No one can see you now … No one can get at you now ... Why don't you put out that light? ... There might be a louse watching you ... Why don't you go to bed? ... What's wrong with that bed, Joe? ... You changed it, didn't you? … Made no difference? ... Or is the heart already? ... Crumbles when you lie down in the dark ... Dry rotten at last ... Eh Joe?
> Le texte intégral est ici.
Atom Egoyan, à propos de Eh Joe (via A Piece of Monologue)
29 juin 2011
Le Mensonge / Pour un oui ou pour un non | Nathalie Sarraute, France Culture, Fiction, Théâtre et Cie, 3 janvier 2010
Le mensonge
Pièce enregistrée sous la direction de Jacques Lassalle. Réalisation : Etienne Vallès.
Neuf personnages se déchirent parce que l'un d'entre eux a osé rompre l'harmonie du groupe en dénonçant un petit mensonge apparemment sans conséquences, un de ces "riens" qui tissent la trame du quotidien. C'est Pierre, l'ennemi, l'implacable machine à dire la vérité. C'est lui qu'il faut guérir. Pour cela tout sera bon : supplications, procès en règle, jeu de rôles en forme d'authentique psychodrame. Mais Pierre est le plus fort. Ses soupçons entretiendront jusqu'au bout la tension de cette farce aux allures de tragédie. Cette pièce, écrite en 1966 à la demande de la radio de Stuttgart, inaugurait avec Le Silence le « théâtre de langage » que Nathalie Sarraute avait longtemps cru irréalisable : « C'est un théâtre de langage. Il n'y a que du langage. Il produit à lui seul l'action dramatique... Je pense que c'est une action dramatique véritable, avec des péripéties, des retournements, du suspense, mais une progression qui n'est produite que par le langage. » (Le Monde, 19 janvier 1967.)
Avec : Roland Bertin (Robert), Françoise Lebrun (Yvonne), Aurélie Billetdoux (Lucie), Mireille Perrier (Simone), Pierre Constant (Jacques), André Marcon (Pierre), Pascal Reneric (Vincent), Caroline Piette (Juliette), Véronique Alain (Jeanne).
Pour un oui ou pour un non
D'après la mise en scène de Jacques Lassalle. Réalisation : Etienne Vallès.
H1 et H2, deux amis d'enfance, se retrouvent pour une discussion franche et ouverte. C'est le dialogue de deux hommes qui se connaissent de longue date, cultivent l'amitié et les souvenirs ; une conversation de bon aloi, n'était cette goutte de venin qui dégrade rapidement l'atmosphère chaleureuse de leur tête-à-tête. C'est que l'un reproche à l'autre des paroles malheureuses, se sent blessé, remet en cause l'estime affectueuse qu'ils semblaient partager... Car H1 a dit, avant que la pièce commence : « C'est bien... ça... » Et ces quelques mots font l'effet d'une tornade...
Avec : Jean-Damien Barbin, Hugues Quester, Véronique Alain, Nicolas Bonnefoy.
Assistance technique et montage : Xavier Lévêque Prise de son et mixage : Julien Doumenc Assistante à la réalisation : Marie Casanova.
14 mars 2011
06 mars 2011
04 mars 2011
Britannicus | Jean Racine, France Culture, Fictions, Théâtre et Cie, 9 janvier 2011
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« Je n'ai qu'un fils. Ô Ciel, qui m'entends aujourd'hui,
T'ai-je fait quelques vœux qui ne fussent pour lui ?
Remords, crainte, périls, rien ne m'a retenue ;
J'ai vaincu ses mépris ; j'ai détourné ma vue
Des malheurs qui dès lors me furent annoncés :
J'ai fait ce que j'ai pu : vous régnez, c'est assez. »
Agrippine a tout fait pour donner le trône à Néron, son fils. Elle l'a favorisé au détriment de l'héritier légitime, Britannicus, espérant ainsi régner dans l'ombre. Néron gouverne l’Empire avec sagesse au moment où débute la tragédie. Racine raconte l’instant précis où se révèle la vraie nature de Néron, son caractère monstrueux : c'est le pouvoir que veut le jeune Néron. Impétueux et manipulateur, souhaitant s'émanciper de l'autorité d'Agrippine, il enlève Junie, la fiancée de Britannicus, et agite de noirs desseins...
Plutôt que Britannicus, victime assez falote de Néron et d'Agrippine, Racine aurait pu donner à sa tragédie le nom de l'un ou l'autre des deux monstres qui s'affrontent à travers lui. Leur « ambition », aujourd'hui nous l'appellerions plus volontiers « goût du pouvoir ». Un goût de mort et de sang dont les Romains, hélas ! n'ont pas emporté le secret avec eux. Chacun, ici, reconnaîtra les siens...
Adrien Gomba-Gontard : Néron ; Benjamain Jungers : Britannicus ; Martine Chevallier : Agrippine ; Suliane Brahim : Junie ; Christian Cloarec : Burrhus ; Christian Gonon : Narcisse ; Marie-Sophie Ferdane : Albine.
27 février 2011
Les Trois Sœurs | Anton Tchekhov, France Culture, Fictions, Théâtre & Cie, 16 janvier 2011

Captation en public de la mise en scène d’Alain Françon pour la Comédie-Française. Réalisation de Blandine Masson.
Dans une petite ville de garnison, perdue au fin fond de la campagne russe, trois jeunes femmes, arrivées là avec leur défunt père, ancien commandant de brigade, rêvent de retourner à Moscou, où elles ont passé leur enfance. Diverties par les visites des militaires, les sœurs retrouvent un semblant de vie. Macha, mariée trop jeune à un époux ennuyeux, tombe amoureuse d’un commandant, Olga reprend goût à la vie et Irina se fiance à un lieutenant. Mais bientôt sonne le départ des troupes, le fiancé de la cadette meurt en duel, et la solitude reprend ses droits sur l’existence de ces trois femmes désormais recluses et désillusionnées. Chronique sur plusieurs années de cette vie en marge de l’histoire et de la modernité, ce drame en quatre actes dresse, avec ironie, le portrait d’une jeunesse sans perspective ni illusion, comme figée dans un temps mortifère. Étrange miroir d’un pays à la déroute, Les Trois Sœurs saisissent l’image d’une société au seuil d’un destin qui ne pourra advenir, consciente de sa fin imminente.
« […] Pour un chimiste, il n’y a rien d’impur sur la terre. L’écrivain doit être aussi objectif qu’un chimiste ; il doit renoncer à la subjectivité quotidienne et avoir conscience que même des tas de fumier dans un paysage jouent un rôle digne de respect et que les mauvaises passions sont aussi présentes dans la vie que les bonnes […] » (Lettre à Maria Kisseleva, le 14 janvier 1887 traduite par Denis Roche, dans Correspondance I (1876-1890) de Tchekhov, Éd. Plon, 1956).
Anton Tchekhov est au sommet de sa gloire lorsqu’il écrit, en 1900, Les Trois Sœurs. Il vient d’être élu à la section Belles-Lettres de l’Académie des sciences. Fort du succès de La Mouette et d’Oncle Vania, le dramaturge reçoit la commande d’une nouvelle pièce par Némirovitch-Dantchenko et Stanislavski, qui viennent alors de créer le Théâtre d’Art de Moscou. Il choisit d’écrire Les Trois Sœurs, composant le rôle de Macha pour la comédienne Olga Knipper, qu’il épousera un an plus tard. À sa création, en 1901, l’accueil du public est mitigé – comme souvent à la création de ses pièces –, avant d’être finalement enthousiaste devant ce tableau du quotidien et de la réalité historique de l’époque.
Alain Françon découvre le théâtre avec Jean Dasté à Saint-Étienne. Il fonde le Théâtre éclaté en 1971 puis dirige successivement le Centre dramatique national de Lyon, le Centre dramatique national de Savoie et le Théâtre national de la Colline. Parallèlement à sa fonction de directeur de théâtre, Alain Françon s’est toujours consacré à la création d’œuvres contemporaines signées notamment par Edward Bond, Michel Vinaver et Daniel Danis, tout en entretenant un lien privilégié avec les grands auteurs européens de la fin du XIXe siècle, entre autres Tchekhov et Ibsen. Après avoir mis en scène à la Comédie-Française Le Menteur de Corneille, Le Canard sauvage d’Ibsen, Long Voyage du jour à la nuit d’O’Neill et La Cerisaie de Tchekhov en 1998, il choisit d’aborder Les Trois Sœurs dans la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan publiée aux éditions Actes Sud/Babel.
Michel Robin : Feraponte, gardien du Conseil du zemstvo ; Éric Ruf : Vassili Vassilievitch Saliony, major ; Bruno Raffaelli: Ivan Romanovitch Tcheboutykine, médecin militaire ; Florence Viala : Olga, sœur de Prozorov ; Coraly Zahonero : Natalia Ivanovna, la fiancée, puis l’épouse de Prozorov ; Laurent Stocker : Nikolaï Lvovitch Touzenbach, baron, lieutenant ; Guillaume Gallienne : Andreï Sergueïevitch Prozorov ; Michel Vuillermoz : Alexandre Ignatievitch Verchinine, lieutenant-colonel, commandant de batterie ; Elsa Lepoivre : Macha, sœur de Prozorov ; Stéphane Varupenne : Vladimir Karlovitch Rode, sous-lieutenant ; Adrien Gamba-Gontard : Alexeï Petrovitch Fedotik, sous-lieutenant ; Gilles David : Fiodor Ilitch Koulyguine, professeur au lycée, mari de Macha ; Georgia Scalliet : Irina, sœur de Prozorov ; Hélène Surgère : Anfissa, la vieille nourrice