12 octobre 2011

Avons-nous seulement compris ce qu’est le néolibéralisme ?


Débat organisé le 17 septembre 2011 par la Revue des livres (RdL) à la Générale Nord-Est, animé par Laurent Jeanpierre, avec Christian Laval et Frédéric Lordon.

10 octobre 2011

One of These Things First (Nick Drake)



Bryter Layter (1970).

I could have been a sailor, could have been a cook
A real live lover, could have been a book.



Zoe Rahman & Danny Thompson, Bataclan, Paris, 2010.



Camille & Piers Faccini, La Blogothèque.



Piers Faccini & Patrick Watson, L'Astral, Montréal, octobre 2010.

04 octobre 2011

London (1994) & Robinson in Space (1997) | Patrick Keiller


(Désolé, pas de sous-titres.)


(Pas de sous-titres non plus. Et cela semble être une version courte du film.)

Les deux films sont distribués en DVD en France par ED Distribution.
Un article sur le site de Fluctuat.
Un billet consacré à Patrick Keiller et à Paul Scofield (la voix du narrateur) sur le toujours magnifique blog Norwich.



Entretien avec Patrick Keiller (Source : ED Distribution)

Robinson dans l’espace est sorti début 1997, mais cela faisait plusieurs années déjà que vous y travailliez...
La première projection publique de London a eu lieu à Berlin en 1994. Je suis arrivé au festival avec deux paragraphes, prémices d’une suite, dont le sujet était le capitalisme de gentleman anglais. Le film ayant été bien accueilli, on m’a proposé de passer une année en résidence en Allemagne, et le projet a alors évolué pour devenir une comparaison entre l’aspect du sud de l’Angleterre, resté rural, et celui des paysages où les formes industrielles ont toujours fait partie de la culture.

L’Europe centrale devait donc servir de contrepoint ?
J’aime explorer le lien entre les choses subjectives, qui transforment la vision de ce qui existe réellement (à la manière du surréalisme) et l’activité des concepteurs, architectes, industriels qui produisent de nouvelles choses. London a été une entreprise visant à transformer la vision de son sujet, de même que Robinson dans l’espace, où il est question de production, de la production de nouveaux espaces et de la production d’objets. L’Angleterre est intéressante en ce sens que la société, la culture, se désintéressent largement de la production de leurs propres objets. Ce qui n’est pas le cas en Allemagne, par exemple. Pas encore du moins, car ce n’était pas le cas ici non plus quand j’étais enfant.

Comment Robinson dans l’espace et London sont-ils liés ?
Eh bien, London est l’enquête de quelqu’un qui s’appelle Robinson, et le bon accueil critique et public du film en a suggéré un autre dans lequel il fait une nouvelle recherche dont le sujet n’est pas Londres. Il prédit dans London qu’il va perdre son travail et dans le synopsis que j’avais emmené à Berlin j’avais écrit qu’en conséquence: « Il quitte Londres, devient un étudiant itinérant du paysage anglais, de son économie et de la sexualité de ses habitants. Il va voir les endroits dont on parle constamment dans les révélations sur le trafic d’armes: des ports peu connus, des usines cachées dans les ruelles des Midlands de l’ouest. Il lit Borges, ‘Le Jardin des sentiers qui bifurquent’. Il aimerait devenir espion, mais ne sait pas trop qui contacter. » Il y a d’autre part à la fin de London une phrase: « La véritable identité de Londres est dans son absence. » A laquelle le spectateur pourrait répondre: « Absence de quoi ? » Londres s’est développée en tant que ville portuaire mais cette activité n’existe pratiquement plus aujourd’hui. Elle continue autre part et Robinson dans l’espace est une tentative de localisation de quelques-unes de ces activités économiques qui n’existent plus à Londres. Il y avait toutes ces questions : comment le Royaume-Uni paie-t-il ses importations ? Existe-t-il toujours un secteur industriel qui exporte, et si oui quel est-il ? D’où sont importés tous les objets visibles, et pourquoi ne les voit-on jamais nulle part avant qu’ils soient disposés dans les vitrines ? Je me souviens des camions et de leurs chargements de frigos Prestcold, quand j’étais enfant, mais aujourd’hui plus rien n’est visible avant l’arrivée au magasin. Comment arrivent-t-ils là ? Où débarquent-ils ? A Felixstowe ? A Southampton ? Mais où sont les ports du pays ? Où se trouvent les emplacements géographiques des importations et des exportations ? En même temps que le projet anglo-allemand, j’avais un plan de secours, celui qui a en fait retenu l’attention de la BBC : un tour de l’Angleterre à la manière de Defoe. Mais, dans les deux cas, l’idée était de bâtir une vision de l’économie du sud de l’Angleterre: beaucoup de gens riches vivant dans une architecture suburbaine, allant chez John Lewis dans une voiture importée pour acheter de l’électronique grand public et tout le tralala. Tout ça ayant été fabriqué autre part mais on ne sait pas où... Même si, bien sûr, c’est peut-être au Pays de Galles.

Le Pays de Galles est une sorte de Japon...
Oui, j’avais déjà le pressentiment que mes impressions sur l’économie anglaise étaient totalement dépassées et plus liées aux années 80. Il y a au début du film une citation du Portrait de Dorian Gray : « Seuls les êtres superficiels ne jugent pas sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, non l’invisible. » Les apparences par lesquelles le spectateur est invité à juger sont initialement la dégradation de l’espace public, l’extension de la pauvreté visible, l’absence des produits britanniques dans les magasins et sur les routes, et le conservatisme culturel de l’Angleterre. L’idée que se fait Robinson de l’industrie du Royaume-Uni remonte à ses souvenirs de l’effondrement du début des années Thatcher. Il part de l’idée que la pauvreté et la dégradation sont le résultat d’un échec économique, et que cet échec économique est le résultat de l’incapacité du Royaume-Uni à produire des produits de consommation désirables. Il croit, d’autre part, que ceci à à voir avec ce qui émane du centre de l’Angleterre, qu’il voit comme un paysage de plus en plus marqué par la répression sexuelle, l’homophobie et les fréquents plaidoyers en faveur de l’enfance maltraitée. En même temps, il est vaguement conscient que le Royaume-Uni est toujours la cinquième plus grande économie en terme d’échanges et que les Britanniques, et même les Anglais, notamment les femmes et les jeunes, ne sont probablement pas aussi sexuellement refoulés, sadiques ou misérables que ce que peut suggérer l’aspect du pays. La narration du film est basée sur une série de voyages dans lesquels ses préjugés sont examinés, certains d’entre eux s’avérant inexacts.

Revenons à cette curieuse réalité qui a fait surface dans les années 80 : ces immenses zones commerciales sur les déviations, ces ports invisibles en ce sens que personne n’y travaille plus, les dockers ayant été remplacés par des containers. Vous montrez beaucoup de barrières, de grillages, de cameras de surveillance, beaucoup d’institutions privées ou privatisées, même des prisons. Êtes-vous partis avec l’idée de trouver quelque chose de précis, ou filmiez-vous ce que vous trouviez sur place ? Viviez-vous comme Robinson, mangeant dans les supermarchés, dormant dans les motels sur le bord de la route ? Est-ce ainsi que le film s’est compose ?
Je crois que, principalement, on voit dans le film ce que nous trouvions. Nous avons peu photographié les villes, en partie parce que nous voyagions en voiture. Mais aussi parce que le sujet était le nouvel espace, et que le nouvel espace se trouve en général en dehors ou en bordure des villes (la ville la plus intéressante, du point de vue du film, est probablement Manchester, et c’est la seule que nous ayons abondamment filmée). Il s’agit d’un espace conçu pour mieux répondre aux besoins du marché. Des zones industrielles ou commerciales, des plates-formes logistiques... Il nous a fallu du temps, au début, pour en trouver des traces. On se demandait où pouvait bien être ce nouvel espace, il n’était pas très visible. Puis ça a changé: à mesure que nous avancions il est devenu plus agressif, les barbelés dressés sur les murs d’enceinte s’aiguisaient. Distinguer une prison d’un supermarché devenait plus difficile, l’atmosphère devenait plus sadomasochiste. Encore une fois, j’avais des idées préconçues à ce propos, l’idée qu’il se passe quelque chose dans la campagne, que c’est une zone interdite. La ville semble globalement plus amicale.

Mais à coté de cette surface contemporaine, qu’on arrive étrangement difficilement a situer, du paysage, reste une très forte présence du passe: les personnages dessines a la craie sur les collines vertes, cerne Abbas, Wilmington... Il s’agit de pauses, de moments de silence, sans commentaire.
Robinson essaie continuellement de reconstruire sa culture, et il cherche des traces dans sa culture qui lui permettront, et qui permettront aux autres, d’y parvenir. La prise de conscience qui conduit Robinson à un comportement fantasque est provoquée par celle que l’apparition de la pauvreté si caractéristique de l’Angleterre moderne est le résultat du succès de son capitalisme et non de son échec. L’impression d’un échec et d’un retard économiques, qui préoccupent tant les esthètes, et particulièrement les gens comme moi qui ont grandi dans les années 60, vient d’un malentendu. Cette impression de déclin qui a limité nos attentes dans ce que l’État pouvait apporter en matière d’éducation, de santé, de retraite, etc., est fausse.

09 septembre 2011

Reconnaissances à Marcel Schwob | France Culture, Surpris par la nuit, 21 avril 2006



Par Matthieu Bénézet. Réalisation : Anne Fleury.

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Une émission qui fait écho au centenaire de l'écrivain, à l'occasion de l'exposition Marcel Schwob : L'homme au Masque d'or, qui a ouvert ses portes à la Médiathèque Jacques-Demy, à Nantes, et durera jusqu'au 3 juin 2006.

Marcel Schwob a eu ceci d’heureux dans sa postérité que chaque génération le redécouvre depuis sa mort en 1905. L’homme, l’écrivain aurait-il pu imaginer qu’un Michel Leiris lirait Le Livre de Monelle à 10 ans ? Si l’homme fut masqué, presque au sens propre, il fut toujours là malgré un destin court : 37 ans sur la terre. Ses goût, ses amitiés, son intelligence feront de lui « Celui qui sait » selon la formule d’Alfred Jarry ou « l’Expert », si l’on en croit, et on peut le croire, Paul Valéry. Sa modernité n’a cessé de fasciner et fascine toujours. Cet homme du savoir fut un homme de cœur. Que serait un écrivain sans cœur et sans intelligence : voici le débat qu’à ouvert Marcel Schwob.

Avec : Bernard Gauthier, Sylvain Goudemare, Laure Cedelle, Agnès Marcetteau.

03 septembre 2011

Diogène de Sinope, le chien royal (~ 413 à ~ 327) | France Culture, Une vie, une œuvre, 20 février 2011


Christer Strömholm, Arles, 1949.

Par Françoise Estèbe et Dominique Costa.

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A une époque où Platon puis Aristote règnent en maîtres sur la pensée athénienne, voici que surgit Diogène, l’exilé de Sinope, qui revendique le chien comme emblème philosophique. Il sera « le chien royal », après Antisthène, « le vrai chien », que l’on considère comme le père fondateur de l’école cynique. Diogène crée le personnage du philosophe vagabond, barbe hirsute, manteau de bure, besace et bâton dont il fera grand usage pour convertir ses contemporains à la philosophie, la sienne. Vivant dans une jarre à proximité de l’Agora, interpellant les passants au hasard des rencontres, les raillant et les fustigeant de ses féroces jeux de langage – le rire est sa méthode – il engage ses congénères à vivre selon les lois de la nature. Faisant fi des tabous, des illusions et de toutes les conventions sociales, de provocations en provocations, Diogène vit comme un chien, mangeant au creux de ses mains, pissant et crachant sur les puissants, se masturbant sur la place publique... Sa théâtralité fait scandale et perturbe, par un renversement absolu des valeurs, la bonne conscience de ses contemporains et l’ordre de la cité. On l’a beaucoup caricaturé, mais Diogène le subversif intempestif est un penseur qui exprime avec radicalité une vision du monde et une pensée philosophique. Diogène, une philosophie en actes...

30 août 2011

Live at Sint​-​Elisabethkerk | Balmorhea


28 août 2011

Philippe Muray (1945-2006) | France Culture, Une vie, une œuvre, 19 juin 2011



Par Virginie Bloch- Lainé et Clotilde Pivin.

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En 1983, Philippe Muray enseigne pour quelques mois à l’université de Stanford. Cet écrivain, auteur de plusieurs essais dont l’un consacré à Céline, découvre lors de ce séjour aux États-Unis, ce que l’on allait appeler le « politiquement correct ». Cette recherche obsessionnel du Bien et du progrès, la ruée vers la fin de toutes les différences (entre les sexes, entre le père et la mère, l’intime et le public), lui semble alors un mouvement de fond dangereux, qu’il voit se propager à la France dans les années 1980. Partant de ce constat, Philippe Muray écrit L’Empire du Bien en 1991, dans lequel il démonte l’époque, ses personnages et leurs mœurs. Il poursuivra cette analyse critique jusqu’à sa mort, dans des articles et dans des livres. En 2002, il nomme La Grande Quinzaine cet entre-deux-tours qui oppose Chirac à Le Pen, pendant laquelle, selon lui, un élan de bonne conscience tient lieu de politique.
D’où viendrait, selon lui, cette évolution sociétale ? Philippe Muray trouvait dans mai 68 l’origine de cette société qu’il appelait hyperfestive : les fêtes de la Musique, du livre, des voisins, des poètes, la recherche de l’amitié de tous envers tous qui, disait-il, masquent le réel et nous endorment.
Ce documentaire se demande surtout comment Philippe Muray en est arrivé à ces conclusions. Peut-être était-il d’autant plus à vif envers son époque qu’il avait aimé la puissance libertaire des années 70. Il portait en lui ce dont cette période devait accoucher.

Avec : Anne Séfrioui, qui fut la femme de Philippe Muray, historienne d’art ; Philippe Lançon, critique littéraire à Libération et écrivain ; François Taillandier, écrivain, auteur de Le Père Dutourd, publié chez Stock ; Maxence Caron, écrivain, auteur de Philippe Muray, la femme et Dieu – Essai sur la modernité réactionnaire, qui paraîtra chez Artège en octobre 2011, et coordinateur avec Jacques de Guillebon de Philippe Muray, 39 contributeurs, et plusieurs textes de Muray issus du Journal inédit, Editions du Cerf, octobre 2011 ; Alexandre de Vitry, contributeur du livre collectif consacré à Philippe Muray que publieront les éditions du Cerf en octobre 2011 et auteur de L'Invention de Philippe Muray, éditions Carnets Nord, qui sortira en septembre 2011.

www.philippe-muray.com

25 août 2011

Penguin Cafe Orchestra :: BBC 1989



Perpetuum Mobile



Paul’s Dance (Simon Jeffes & Geoffrey Richardson)

Penguin Cafe Orchestra, dir. Simon Jeffes (1949-1997).


23 août 2011

Robert Pinget :: France Culture, Du jour au lendemain, 20 mai 2011




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Première diffusion : 29 mars 1982 (dans l'émission Nuits Magnétiques).

Alain Veinstein s’entretient avec Robert Pinget à propos de Monsieur Songe, éditions de Minuit, 1982 (réédition en 2011 dans la collection de poche Minuit double avec Le Harnais (1984) et Charrue (1985)).


Alain Veinstein : [Monsieur Songe] C’est quand même quelqu’un de très fragile...
Robert Pinget : Oui, de toute façon...
Alain Veinstein : ... qu’on ne peut pas vraiment tenir dans ses bras...
Robert Pinget : Je ne pense pas qu’il y tienne, non plus.

A la grande question de savoir si monsieur Songe est Robert Pinget, monsieur Songe et Robert Pinget répondent non comme un seul homme.
Éric Chevillard, « Songeries », Europe, n° 897-898, janvier-février 2004.


L’écrivain Robert Pinget, né aux Eaux-Vives en 1919, décédé à Tours en 1997, ami et traducteur de Beckett, est l’auteur de romans, de poèmes et de pièces de théâtre. Qualifié de discret, de réservé, de pudique, Pinget fut traduit dans une quinzaine de langues sans toutefois connaître de grands tirages. Depuis son quatrième livre, Graal Flibuste (1956), il resta fidèle aux Editions de Minuit, comme d’autres écrivains du groupe du Nouveau Roman. (Source : Bibliothèque de Genève)

22 août 2011

Nocturne impalpable | Sylvain Chauveau (2001)



www.sylvainchauveau.com