28 février 2011
Love Won't Be Leaving | Anna Calvi
The Luminaire, Kilburn, London. Filmed and edited by Poppie Sköld.
27 février 2011
Les Trois Sœurs | Anton Tchekhov, France Culture, Fictions, Théâtre & Cie, 16 janvier 2011

Captation en public de la mise en scène d’Alain Françon pour la Comédie-Française. Réalisation de Blandine Masson.
Dans une petite ville de garnison, perdue au fin fond de la campagne russe, trois jeunes femmes, arrivées là avec leur défunt père, ancien commandant de brigade, rêvent de retourner à Moscou, où elles ont passé leur enfance. Diverties par les visites des militaires, les sœurs retrouvent un semblant de vie. Macha, mariée trop jeune à un époux ennuyeux, tombe amoureuse d’un commandant, Olga reprend goût à la vie et Irina se fiance à un lieutenant. Mais bientôt sonne le départ des troupes, le fiancé de la cadette meurt en duel, et la solitude reprend ses droits sur l’existence de ces trois femmes désormais recluses et désillusionnées. Chronique sur plusieurs années de cette vie en marge de l’histoire et de la modernité, ce drame en quatre actes dresse, avec ironie, le portrait d’une jeunesse sans perspective ni illusion, comme figée dans un temps mortifère. Étrange miroir d’un pays à la déroute, Les Trois Sœurs saisissent l’image d’une société au seuil d’un destin qui ne pourra advenir, consciente de sa fin imminente.
« […] Pour un chimiste, il n’y a rien d’impur sur la terre. L’écrivain doit être aussi objectif qu’un chimiste ; il doit renoncer à la subjectivité quotidienne et avoir conscience que même des tas de fumier dans un paysage jouent un rôle digne de respect et que les mauvaises passions sont aussi présentes dans la vie que les bonnes […] » (Lettre à Maria Kisseleva, le 14 janvier 1887 traduite par Denis Roche, dans Correspondance I (1876-1890) de Tchekhov, Éd. Plon, 1956).
Anton Tchekhov est au sommet de sa gloire lorsqu’il écrit, en 1900, Les Trois Sœurs. Il vient d’être élu à la section Belles-Lettres de l’Académie des sciences. Fort du succès de La Mouette et d’Oncle Vania, le dramaturge reçoit la commande d’une nouvelle pièce par Némirovitch-Dantchenko et Stanislavski, qui viennent alors de créer le Théâtre d’Art de Moscou. Il choisit d’écrire Les Trois Sœurs, composant le rôle de Macha pour la comédienne Olga Knipper, qu’il épousera un an plus tard. À sa création, en 1901, l’accueil du public est mitigé – comme souvent à la création de ses pièces –, avant d’être finalement enthousiaste devant ce tableau du quotidien et de la réalité historique de l’époque.
Alain Françon découvre le théâtre avec Jean Dasté à Saint-Étienne. Il fonde le Théâtre éclaté en 1971 puis dirige successivement le Centre dramatique national de Lyon, le Centre dramatique national de Savoie et le Théâtre national de la Colline. Parallèlement à sa fonction de directeur de théâtre, Alain Françon s’est toujours consacré à la création d’œuvres contemporaines signées notamment par Edward Bond, Michel Vinaver et Daniel Danis, tout en entretenant un lien privilégié avec les grands auteurs européens de la fin du XIXe siècle, entre autres Tchekhov et Ibsen. Après avoir mis en scène à la Comédie-Française Le Menteur de Corneille, Le Canard sauvage d’Ibsen, Long Voyage du jour à la nuit d’O’Neill et La Cerisaie de Tchekhov en 1998, il choisit d’aborder Les Trois Sœurs dans la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan publiée aux éditions Actes Sud/Babel.
Michel Robin : Feraponte, gardien du Conseil du zemstvo ; Éric Ruf : Vassili Vassilievitch Saliony, major ; Bruno Raffaelli: Ivan Romanovitch Tcheboutykine, médecin militaire ; Florence Viala : Olga, sœur de Prozorov ; Coraly Zahonero : Natalia Ivanovna, la fiancée, puis l’épouse de Prozorov ; Laurent Stocker : Nikolaï Lvovitch Touzenbach, baron, lieutenant ; Guillaume Gallienne : Andreï Sergueïevitch Prozorov ; Michel Vuillermoz : Alexandre Ignatievitch Verchinine, lieutenant-colonel, commandant de batterie ; Elsa Lepoivre : Macha, sœur de Prozorov ; Stéphane Varupenne : Vladimir Karlovitch Rode, sous-lieutenant ; Adrien Gamba-Gontard : Alexeï Petrovitch Fedotik, sous-lieutenant ; Gilles David : Fiodor Ilitch Koulyguine, professeur au lycée, mari de Macha ; Georgia Scalliet : Irina, sœur de Prozorov ; Hélène Surgère : Anfissa, la vieille nourrice
19 février 2011
Saturn of Chagrin | HṚṢṬA
Ghosts Will Come and Kiss Our Eyes, 2007.
Images : Andreï Tarkovski, Le Miroir (Зеркало), 1975.
> http://hrsta.org
> Le Miroir (qualité très moyenne, sous-titres anglais)
14 février 2011
13 février 2011
Maybe | Entertainment for the Braindead (Julia Kotowski)
12 février 2011
La Bibliothèque de Robert Burton | France Culture, Les Chemins de la connaissance, 5 décembre 2001

Série Anatomie de la mélancolie, émission 3 sur 5, La Bibliothèque de Robert Burton, avec Bernard Hoepffner, traducteur d'Anatomie de la mélancolie, éd. José Corti, 2000.
> Télécharger
08 février 2011
07 février 2011
Le Banquet | Platon, France Culture, Fictions/Théâtre & Cie, 26 décembre 2010
> Télécharger
Lauréat d’un concours de tragédie, Agathon rassemble en sa demeure quelques amis pour célébrer sa victoire. Fatigués de boire, les convives décident de se livrer à une joute philosophique dont l’objet sera l’éloge de l’amour. Aux discours des sophistes succède celui d’Aristophane, poète comique, puis c’est au tour du poète tragique Agathon, avant que l’on ne sollicite l’avis tant attendu de Socrate. Il rapporte la conversation qu’il a eue avec la prêtresse Diotime et définit l’amour comme désir insatiable de possession du Beau et du Bien. Survient alors le bel Alcibiade, déjà bien éméché, qui relève à son tour le défi, mais au lieu d’un éloge de l’amour, il célèbre Socrate lui-même, objet de son amour et étrange substitut d’Éros. En se faisant l’écho de cette soirée mythique et par le procédé narratif de l’imbrication des discours, Platon met en scène Socrate en personnage central du Banquet qui seul reste éveillé quand les autres sont vaincus par l’ivresse.
Comédien, Jacques Vincey a joué sous la direction de Patrice Chéreau, Bernard Sobel, Luc Bondy, Robert Cantarella, André Engel, Gabriel Garran, Laurent Pelly... Scénographe et metteur en scène, il a monté récemment Madame de Sade de Mishima, Mademoiselle Julie de Strindberg, Le Belvédère d’Ödön von Horváth. Après Madame de Sade en 2008, pièce de femmes taraudées par leur désir-dégoût pour un homme absent, le « divin marquis », il s’intéresse ici à un texte d’hommes s’interrogeant sur l’amour et son objet, Socrate, qui, à la fois présent et absent, incarne le mouvement du désir en se dérobant sans cesse. Jacques Vincey a collaboré avec Muriel Mayette au Théâtre du Vieux-Colombier à deux reprises, pour Chat en poche de Feydeau (1998), puis pour la mise en scène de la pièce de Karin Mainwaring, Les Danseurs de la pluie (2001).
« On raconte que Platon, jeune poète tragique, brûla ses œuvres lorsqu’il rencontra Socrate sur le chemin du concours où il allait les présenter. Avec Socrate, c’est la philosophie en acte qu’il découvre, c’est-à-dire un mode de vie consacré à la recherche de la vérité. De ce jour, il devint un farouche adversaire du théâtre de son temps. Cet art, fondé sur les apparences de la réalité et la mimésis, lui semblait un danger pour l’âme, vouée à se dissoudre dans l’imitation d’une action représentée. Platon développa contre l’élément mimétique, le discours rationnel de la philosophie, attitude s’efforçant de rendre possible et légitime, contre le règne des opinions et des apparences, l’accès à la connaissance de ce que sont réellement les choses, jusqu’à la contemplation du Bien. Or, ce Banquet, monument philosophique et littéraire élevé à la mémoire de Socrate, son maître, se révèle d’une incroyable théâtralité. Non seulement parce que ce sont des dialogues, conformément à une pratique philosophique courante à l’époque, mais surtout parce que Platon « met en scène » ce Banquet avec les outils du théâtre. Il construit autour de Socrate un monde dramatique d’événements et de péripéties à la fois risible, grotesque, touchant, pitoyable, et médiocre – en contraste avec la figure intouchable de « l’homme comme il faut ». Les convives de ce banquet doivent, tour à tour, dans un esprit civique et sérieux de compétition, faire un éloge de l’amour. Platon alimente le suspense, raille la vacuité de certains éloges et la fatuité de leurs locuteurs, fait d’Aristophane, avec son hoquet, une sorte de clown, et provoque un véritable « coup de théâtre » en faisant entrer Alcibiade totalement ivre, bousculant le rituel avec ses pleurs et ses supplications obscènes. Enfin, la nuit se termine par une discussion entre Socrate, Agathon et Aristophane sur le théâtre… L’enjeu de ce spectacle est de nous engouffrer dans ce paradoxe, de questionner cette articulation entre philosophie et théâtre en explorant les liens secrets qui unissent la visibilité physique du monde sensible et l’invisibilité de la pensée. Le but ultime du théâtre n’est il pas, depuis que cet art existe, de tenter de saisir ce qui nous échappe et de « rendre visible le monde invisible » ? » — Jacques Vincey et Frédérique Vossier
Avec : Thierry Hancise : Appolodore, Aristodème, Socrate, Phèdre, Diotime ; Pierre Louis-Calixte : Eryximaque, Alcibiade ; Serge Bagdassarian : Agathon , Aristophane.
24 janvier 2011
23 janvier 2011
21 janvier 2011
18 janvier 2011
17 janvier 2011
Islande, deux ans après : les gens du volcan | France Culture, Sur les docks, 5 janvier 2011
Un documentaire d'Irène Omélianenko et François Teste.
Dans ce documentaire, « Sur les docks » revient sur la manifestation naturelle la plus médiatisée de l’année 2010. Située à la convergence des plaques tectoniques américaine et eurasiatique, l’Islande a engendré près de deux cent volcans. Du 3 au 5 mars 2010, dans la zone d’Eyjafjallajökull, calme depuis plus d’un siècle, les sismographes ont enregistré plus de trois mille secousses. Dans la nuit du 20 mars, trois cent personnes ont été prévenues par SMS puis évacuées par la Croix Rouge dans la région rurale de Hvolsvöllur.
Guidés par Henry Kiljan Albansson, nous avons quitté Reykjavík pour rencontrer à cent soixante-dix kilomètres de la capitale les gens du volcan, ceux qui ont perçu le silence des oiseaux, entendu les chevaux s’enfuir, admiré et craint le feu et les cendres, vu surgir deux nouvelles formes volcaniques, entendu ce grondement qui incarne la respiration de l’Islande depuis des siècles.
Avec :
Anna Kristín Ásbjörnsdóttir, auteur de contes pour enfants ;
Henry Kiljan Albansson, guide et traducteur littéraire ;
Roland Assier, pêcheur ;
Björg Björnsdóttir, chargée de mission ;
Ólafur Eggertsson, fermier ;
Steinþór Einarsson, paysagiste ;
Ármann Höskuldsson, vulcanologue ;
Einar Jóhannsson, de l’auberge Anna ;
Evelyne Nihouarn et Philippe Le Bozec, propriétaires d'une pension à Reykjavík ;
Sigurður Pálsson, poète ;
Sylvie Primel, voyagiste,
Árni Þorgilsson, responsable de la Croix Rouge.
Avec les voix de Kristín Jónsdóttir et Arnaud Carbonnier, enregistrés par Xavier Levêque.
> Télécharger
16 janvier 2011
Islande, deux ans après : au cœur de la crise. Remonter la pente | France Culture, Sur les docks, 4 janvier 2011
Un documentaire d'Irène Omélianenko et François Teste.
La crise financière mondiale, et particulièrement la faillite de la banque d’épargne en ligne Icesave en octobre 2008, ont conduit l’Islande au bord d’un désastre annoncé. Des Islandais transformés en Ice-slave, c’était le pronostic de bien des observateurs.
Lors d’une précédente série d’émissions, nous avions pu mesurer le gouffre entre cette perception et la force presque insolente des Islandais. La révolution des casseroles avait battu son plein et le peuple islandais n’était pas décidé à courber l’échine.
Qu’en est-il deux ans après ? Les prix de la nourriture ont augmenté de 73 %, le chômage jusqu’alors inexistant a grimpé jusqu’à plus de 10 %.
Les Islandais ont tenté de comprendre. Ainsi, ce sont quarante-cinq experts qui se sont relayés cet été pendant six jours pour lire le copieux rapport de la Commission spéciale d’enquête créé par l’Alþingi (Parlement) fin 2008, pour analyser les raisons du désastre bancaire.
Les habitants de Reykjavík ont élu comme maire Jón Gnarr, qui a fait entrer dans son conseil municipal ces Islandais de l’ordinaire manifestant avec leurs casseroles.
Les Islandais, qui ont à faire face à une dette individuelle et collective vertigineuse, tentent de remonter la pente.
Avec :
Anna Kristín Ásbjörnsdóttir, auteur de contes pour enfants ;
Roland Assier, pêcheur ;
Björg Björnsdóttir, chargée de mission ;
Steinþór Einarsson, paysagiste ;
Íris Ellenberger, doctorante en histoire ;
Catherine Eyjólfsson, traductrice littéraire ;
Ásgerður Jonna Flosadóttir, co-fondatrice de l’Aide aux familles ;
Egill Helgason, présentateur à la télévision islandaise [émissions : Silfur Egils et Kiljan] ;
Didda Jónsdóttir, poète et actrice ;
Þóranna Jónsdóttir, spécialiste financière chez Auður ;
Gérard Lemarquis, journaliste et traducteur littéraire ;
Evelyne Nihouarn et Philippe Le Bozec, propriétaires d'une pension à Reykjavik ;
Sigurður Pálsson, poète ;
Árni Þórarinsson, écrivain.
Avec les voix de Kristín Jónsdóttir, Laure-Hélène Planchet, Arnaud Carbonnier enregistrés par Xavier Levêque.
